LE BLOGUE D’ARTEXPERT.CA


LES GRANDES TENDANCES EN POLITIQUE CULTURELLE CHEZ LES MUNICIPALITÉS

LES NOUVELLES PRATIQUES D’AFFAIRES EN CULTURE POST-COVID19

Depuis le début de la pandémie, l’équipe d’ArtExpert s’est mobilisée pour appuyer les villes, les organisations culturelles et leurs gestionnaires. Cette info-lettre vise à donner la voix à des experts en culture pour agir comme support aux pratiques de gestion innovantes.



TROIS TENDANCES POUR UNE RELANCE POST COVID19

par André Courchesne, PhD, Chaire de gestion des arts, Carmelle et Rémi Marcoux, HÉC Montréal 

 

PREMIÈRE TENDANCE : PARTICIPER

  • De plus en plus de Québécois.es veulent participer activement à la vie culturelle de leur ville.
  • Même s’ils apprécient beaucoup être des spectateurs des arts de la scène ou de fervents visiteurs d’expositions, ils veulent participer eux-mêmes à la création artistique.
  • Même si la fréquentation des musées et des bibliothèques est à la hausse selon le dernier sondage des Pratiques culturelles au Québec.
  • Ce qui surprend davantage est le nombre de personnes qui pratiquent les arts en amateurs.

DEUXIÈME TENDANCE : VIVRE DES EXPÉRIENCES UNIQUES

  • Depuis longtemps, on connaît le goût des Québécois/es pour la fête. Le succès des festivals et événements culturels témoigne de l’engouement des Québécois.es d’entrer en contact direct avec les œuvres et les artistes.
  • Avec les changements des modes de consommation à l’ère numérique, on aurait pu craindre une baisse d’intérêt pour ces événements.
  • En fait, même si les pratiques culturelles des jeunes sont fortement orientées sur ce qui est disponible sur le web.
  • Ce qui est moins connu, c’est qu’une forte consommation culturelle sur le web est liée à une intensité  et une diversité plus grandes d’expériences culturelles. 
  • Loin de remplacer les activités culturelles, l’internet accentue le désir de vivre des expériences culturelles uniques.

TROISIÈME TENDANCE : SE DÉMARQUER PAR LA CULTURE

  • Le désir de participer des citoyens et de vivre des expériences uniques a amené plusieurs villes à se démarquer par leurs activités culturelles, non seulement pour le bénéfice de leurs propres citoyens, mais aussi en considérant les retombées économiques et touristiques.
  • En se donnant un branding culturel, les villes réussissent à attirer des touristes et des entreprises qui cherchent une vie culturelle riche et originale.
  • La culture devient une façon de se démarquer dans l’originalité en créant des partenariats fructueux entre le public et le privé.

SOYEZ PRÊT

⇒ Profitez de ce moment pour remettre à jour votre politique culturelle

⇒ Consultez vos gens à travers des moyens divers, sur des plateformes de conversation

⇒ Utilisez les moyens numériques

⇒ N’hésitez pas à imaginer des expériences virtuelles pour garder le dialogue avec vos communautés

⇒ Repensez les messages de vos campagnes pour tenir compte du contexte et de l’état d’esprit des gens après le COVID-19

⇒ Gardez le dialogue ouvert avec vos partenaires institutionnels sur votre territoire.

66% des Québécois pratique de façon régulière les arts en amateur Ministère de la Culture et des Communications du Québec – Pratiques culturelles au Québec

 

 

UN MARKETING CIBLÉ QUI INFLUENCE PAR LA PERTINENCE

LES NOUVELLES PRATIQUES D’AFFAIRES EN CULTURE POST-COVID19

Depuis le début de la pandémie, l’équipe d’ArtExpert s’est mobilisée pour appuyer les organisations culturelles et leurs gestionnaires. Cette info-lettre vise à donner la voix à des experts en culture pour agir comme support aux pratiques de gestion innovantes.


UN MARKETING QUI S’ARTICULE AUTOUR DE CONTENUS ADAPTÉS

par Nathalie Courville

BIG BROTHER EST MORT
AVEC LE 21E SIÈCLE, EST NÉ LE BIG DATA
  • L’abondance de données, quand elle est bien traitée, bien triée, permet de communiquer avec finesse.
  • Le ciblage chirurgical est la tendance majeure en marketing pour 2020.
  • La gestion d’une communauté n’est plus un simple moyen de communication.
  • Bien que les réseaux sociaux aient permis un dialogue plus constant entre un organisme et sa clientèle, on ne peut plus considérer la gestion des réseaux sociaux sans y ajouter une dimension marketing.
  • Nombreux sont les organismes qui délaissent les médias traditionnels, car l’analyse des données permet une meilleure connaissance des clients.
    Une campagne efficace peut maintenant s’articuler autour de la connaissance de sa clientèle, être finement adaptée.
  • Ce type de marketing commande un travail constant d’analyse de sa base de données.
    La fidélité se bâtit par le partage de contenus pertinents et les gestes d’achat sont induits par la relation qu’un organisme entretient en continu avec ses clients.
  • Les commanditaires trouvent également leur compte dans cette approche.  En toute légitimité, ils peuvent co-créer des contenus, co-diffuser des messages et ainsi bénéficier de la relation de confiance instaurée par les organismes culturels.
  • Connaître finement sa clientèle en analysant ses données permet donc des ciblages précis pour l’ensemble des parties prenantes et une meilleure monétisation à long terme.

 

SOYEZ PRÊT

⇒ Développez votre base de données et cultivez vos abonnés

⇒ Analysez – gérez votre communauté afin de mieux connaître vos clients

⇒ Améliorez votre campagne marketing

⇒ Imaginez une reprise lente – les consommateurs seront craintifs

⇒ Fidélisez – offrir des incitatifs au consommateur

⇒ Continuez d’exploiter le Web – les gens vont en avoir pris l’habitude

⇒ Préparez le financement de vos projets

⇒ Explorez le partage virtuel de vos contenus

⇒ N’hésitez pas à imaginer des expériences virtuelles pour garder le dialogue avec vos communautés

⇒ Repensez les messages de vos campagnes pour tenir compte du contexte et de l’état d’esprit des gens après le COVID-19

⇒ Gardez le dialogue ouvert avec vos commanditaires. Imaginez des activations digitales, transformez leurs interactions avec votre clientèle

⇒ Profitez du ralentissement pour revoir vos stratégies et mettre en place des outils de travail efficaces (ex. CRM)

RELAXEZ ET RESTEZ ZEN !

31% des entreprises interrogées ont indiqué utiliser l’analyse des données pour l’optimisation de l’expérience client et l’hyperpersonnalisation

RELANCER LES ARTS ET LA CULTURE AU LENDEMAIN DE LA COVID-19

L’épidémie de la COVID 19 a montré une fois de plus combien les Québécois et les Canadiens sont solidaires en temps de crise. Avec le soutien de leurs gouvernements, les artistes, les gestionnaires d’entreprises et d’organismes culturels ont réagi rapidement, en accompagnant les citoyens à travers cette épreuve collective.

La crise a été un révélateur de la fragilité du milieu culturel mais aussi de son importance comme bien commun. Par conséquent, la culture doit tenir une place importante dans la relance économique. Deux sondages récents1 indiquent que les deux tiers des Québécois ne sont pas prêts à retourner en salle de spectacles ou à visiter un musée et que cette inquiétude pourrait durer jusqu’à 6 mois après la réouverture. Que doivent faire les artistes, les gestionnaires et leurs gouvernements d’ici là? Quelles priorités doivent guider un plan de relance du secteur culturel ?

Dix artistes, directeurs artistiques et gestionnaires lancent une réflexion sur trois grandes priorités d’action assorties de mesures à implanter. Ensemble ils représentent une diversité de pratiques et ils emploient plus de mille professionnels (artistes, artisans, personnel technique et éducatif et travailleurs culturels).

 

Sauver les meubles

La grande précarité de la majorité des artistes, des entreprises, organismes et lieux culturels est préoccupante. Il est donc essentiel de préserver les acquis de la politique culturelle québécoise, ses budgets ainsi que le réinvestissement canadien en culture, en plus de soutenir les moyens d’action suivants :

  • Préserver l’expertise des artistes, techniciens et travailleurs culturels et tenir compte des spécificités sectorielles dans la mise en œuvre du plan de relance.
  • Soutenir les organismes qui dépendent en majorité des revenus autonomes ou de partenaires privés.
  • Favoriser l’achat local et éco-responsable en culture.
  • Intégrer les futurs plans de relance en culture et en tourisme.
  • Accélérer les investissements en infrastructures culturelles.
  • Maintenir l’accès aux marchés internationaux en multipliant les efforts de promotion et de commercialisation pour assurer la reprise de la diffusion internationale.

Repenser le modèle de la création et de la diffusion des arts et de la culture

Afin de réaffirmer l’importance de la solidarité, de la communauté, des solutions de proximité et des réseaux dans la culture, nous suggérons de considérer les actions suivantes :

  • Utiliser les avancées issues de la culture numérique à la fois comme radeau transitoire et levier apte à propulser la culture sans négliger l’expérience culturelle vécue en personne. D’ici là, il faut soutenir les laboratoires d’innovation qui favorisent l’interaction et la cocréation en ligne.
  • Profiter de tous les « bricolages » en cours pour créer un observatoire des nouvelles pratiques et un fonds spécial pour soutenir les pistes plus porteuses afin de permettre à chaque discipline de se réinventer avec de véritables programmes Art&D à l’ère du numérique.
  • Transformer les nouvelles expériences numériques en sources de revenus en faisant évoluer la diffusion en ligne vers un modèle payant, en créant de la rareté en ligne et en s’assurant que les GAFAM y contribuent.
  • Transformer cette crise en occasion de métamorphose pour le milieu culturel – tout doit être revu : mode de financement, modèles d’affaires, pratiques éco-responsables, habitudes de consommation et participation culturelle, protection des revenus liés aux droits d’auteur et à la propriété intellectuelle.
  • Intégrer aux critères d’évaluation les indicateurs de performance liés aux données d’assistance en ligne.
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Restaurer la relation entre les artistes et les publics

La confiance des citoyens demande à être rétablie et des messages de personnalités publiques pourraient aider le public à se sentir en sécurité dans les lieux culturels. De plus, nous suggérons les mesures suivantes :

  • Mobiliser les publics scolaires tant dans les classes qu’en milieu culturel en renforçant le rôle des enseignants comme passeurs culturels.
  • Prioriser les octrois de fonds aux organismes qui démontrent dès maintenant innovation et proactivité dans le rapprochement entre les artistes et les publics.
  • Soutenir financièrement les organismes pour assurer la sécurité sanitaire du public et appuyer leurs efforts marketing pour reconquérir leur public.
  • Conduire une analyse en profondeur des impacts sociaux et économiques de la pandémie sur les arts (impact sur les artistes autochtones et de la diversité, suspension des moyens de production, fermeture des lieux culturels, perte d’expertise, capacité d’accueil des lieux, etc.).

1 Baromètre Divertissement (Habo) du 29 avril et Léger 360 du 26 avril 2020.

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Comme les parties prenantes se consultent actuellement, nous espérons que la concertation se poursuive, entre autres par la mise en place d’un comité consultatif de suivi. Nous espérons que ces quelques idées nourriront le débat pour redonner aux artistes et organismes les moyens d’aller à la rencontre des citoyens d’ici et d’ailleurs.

SIGNÉ (par ordre alphabétique) :

André Courchesne, Professeur associé à la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux de HEC Montréal ; André Dudemaine, Membre fondateur et directeur des activités artistiques, Terres en vues et Présence autochtone  ; Nassib El-Husseini, Directeur général Les 7 doigts ; Olivier Fortier, Président-fondateur ABCDF ; Manon Gauthier, Directrice générale, Fondation Jean Paul Riopelle ; Laurence Lafond-Beaulne, Auteure-compositeure-interprète Milk&Bone et Cofondatrice ACT (Artistes citoyens en tournée) ; Louise Poulin, Présidente Fondatrice ArtExpert ; Xavier Roy, Étudiant au MBA à l’Université d’Oxford et gestionnaire culturel ; Monique Savoie, Présidente-Fondatrice et directrice artistique, Société des arts technologiques (SAT) ; Louise Sicuro, Présidente-directrice générale, Culture pour tous.