Quand les femmes sont aux commandes

Collaboratrice chez ArtExpert.ca et blogueuse invitée, Valerie R. Carbonneau

Comment se porte la femme dans l’univers culturel québécois? La conférence « Montréal métropole culturelle, quelle place pour les femmes » organisée par le Conseil des Montréalaises tenue au Conseil des arts de Montréal le 5 décembre dernier nous aura certainement éclairés sur la situation actuelle.

Crédit photo : Ville de Montréal/ Caroline Durocher – Affiche de la conférence tirée de l’événement marquant les 50 ans du Théâtre de Verdure, au parc Lafontaine

Plus encore, elle nous a incités à pousser plus loin la réflexion en nous appuyant sur le contenu des allocutions qui ont été divulguées lors de ce rendez-vous et les échanges qu’elles auront ensuite générés.

« L’enjeu n’en est pas simplement un de représentativité, mais d’équité, de reconnaissance. À la veille du 375e anniversaire de la Fondation de Montréal, qu’on attribue par ailleurs à Jeanne-Mance… nous avons le devoir, comme société, de redonner aux femmes, à celles qui ont édifié à société la place qui leur revient dans l’histoire », prononçait en ouverture de son discours, Madame Manon Gauthier, membre du comité exécutif, responsable de la culture, du patrimoine, du design, d’Espace pour la vie et du statut de la femme pour la Ville de Montréal. Or, bien qu’une étude récente menée par le groupe Réalisatrices Équitables tirait la sonnette l’alarme en ce qui concerne la faible présence des femmes dans des postes clefs en matière de création, elles sont pourtant majoritaires à la barre de la direction des grandes organisations culturelles, tel que l’a démontré une étude dirigée par Pascale Landry pour l’Observatoire de la culture et des communications du Québec.

En effet, l’étude intitulée Les directeurs et directrices de la culture et des communications publiée en 2011 évoque dans ses faits saillants qu’entre 1996 et 2006, au Québec, il y a eu augmentation de la présence des femmes à des fonctions de direction en culture; une statistique qui est passée de 42 % à 52 % en dix ans! Plus précisément, même si les hommes dominent toujours en nombre dans des postes de direction au niveau de l’édition, du cinéma, de la radiotélédiffusion et des arts de la scène à hauteur de 57 %, les femmes, elles, sont plus nombreuses à occuper un poste de direction en matière de bibliothèques, d’archives, de musées et de galerie d’art.

La fierté des femmes de diriger… des femmes!

Qui plus est, le monde des bibliothèques, des archives, des institutions muséales et des galeries d’art chapeauté à 71% par des femmes au Québec est également caractérisé par une prépondérance d’employées femmes. Et cette force qu’ont les femmes en matière de gestion culturelle doit se retrouver au premier rang des fiertés collectives et ainsi contribuer encore plus au rayonnement du pouvoir féminin dans le milieu. Cela dit, la présence des femmes à la tête de grandes institutions culturelles n’est certainement pas étrangère au rayonnement de l’ensemble de l’industrie. Pensons seulement à l’Union des Artistes et au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) entre autres organisations notoires qui sont chapeautées par des femmes ou à Patrimoine canadien, important ministère dirigé également par une femme.

Crédit photo: Rodrigo Ono – Au centre Sophie Prégent en compagnie de nombreuses femmes dirigeantes de syndicats d’artistes à travers le monde, réunies au Congrès FIA – photo tirée du rapport annuel de l’Union des artistes 2016, page 11.

Par ailleurs, la proportion des femmes inscrites au sein des programmes d’études en gestion culturelle est depuis toujours traditionnellement plus grande que celle des hommes dans trois institutions canadiennes offrant le cursus; Université de Waterloo, Simon Fraser University (SFU) et le Banff Centre for Management. À ce titre d’ailleurs, notre métropole culturelle ne fait pas exception tandis qu’on enregistrait aux HEC Montréal (École des hautes études commerciales de Montréal) pour la première fois en 2016, une proportion de femmes inscrites aux différents programmes de gestion qui dépassait pour la première fois de l’histoire celle des hommes! Si elles raflaient 86 % des inscriptions en gestion d’entreprises culturelles lors de la dernière année, celles-ci ont dominé sur le tableau global contre toute attente en atteignant le taux significatif de 52 % des inscriptions!

Et, comme le dit si bien l’adage : quand on se compare, on se console…  En effet, tout n’est pas parfait, mais on n’a qu’à regarder du côté de la France pour se réjouir un peu tandis que pour les mêmes années, soit entre 1996 et 2006, les femmes occupaient par exemple  8 % des directions de théâtres consacrés à la création dramatique et 11 % des directions muséales.

Bon an mal an, il se crée au Québec beaucoup d’entreprises culturelles… Mais, selon ArtExpert.ca, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup de sensibilisation à faire pour que les femmes tablent sur leur talent de gestionnaires culturelles en s’appropriant encore plus de leur force en ce sens.

 

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