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Le 12 août, j’achète un livre québécois

L’objectif des concepteurs de cet événement rassembleur et inclusif est de sensibiliser la population à l’achat de livres québécois. « Très peu d’auteurs vivent de leur art et c’est sûr qu’on ne peut pas rattraper en une seule journée la baisse des ventes de livres », souligne l’auteure Amélie Dubé, sur ici.radio-canada.ca.
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Cette journée, qui a connu un très vif succès l’an dernier, nous amène à réfléchir non seulement sur la condition des auteurs, mais l’état de nos librairies et de notre système de distribution du livre et, pourquoi pas sur l’intervention de l’État à chaque étape de ce que les experts appellent «la chaîne du livre».

L’OCCQ publiait, en 2010, ce qui reste encore aujourd’hui, le seul portrait des conditions de pratique de la profession littéraire au Québec. Sans véritable surprise, on y apprend que le tiers des 1 510 écrivains (825 hommes et 685 femmes) du Québec a gagné un revenu inférieur à 30 000$ et que 65% d’entre eux ont tiré moins de 5,000$ de leur travail de création littéraire. Enfin, une trentaine d’écrivains (2%) rapportait des revenus supérieurs à 60,000$. Vu sous l’angle du rapport entre le revenu tiré de la création littéraire et le revenu personnel total, on constate que le deux tiers des écrivains québécois tirait moins de 20% de leur revenus de la création. À l’autre bout, 12% des auteurs affirmaient tirer 80% de leurs revenus personnels par la création. Avec un revenu médian de 27 800 $, les écrivains qui consacrent plus des deux tiers de leur temps de travail à l’écriture se situent dans la tranche des revenus personnels les plus faibles. Les millionnaires sont rares en littérature québécoise.

Le manuscrit écrit, il faut l’éditer, le distribuer et le vendre. Un constat : depuis 2007, on vend de moins en moins de livres au Québec, à l’exception de l’année 2013, qui a connu une hausse de 1,5% par rapport à 2012. Les ventes aux libraires, celles issues de la vente directe des éditeurs aux particuliers et aux collectivités et celles des distributeurs atteignaient 748M$ en 2008, 688M$ en 2013 et 622 M$ en 2014. L’un étant la conséquence de l’autre, le nombre d’exemplaires imprimés a baissé depuis 2007 : selon les Statistiques de l’édition du Québec – BANQ, le tirage moyen d’un livre s’établissait à 2463 en 2007 pour diminuer à 2163 en 2013. Si on publiait encore plus de 7 000 titres en 2007, on en publiait moins de 6 400 en 2013. Nos quelques 1500 auteurs ont plus de difficulté à trouver un marché aujourd’hui qu’il y a 7 ans.

S’agissant du livre numérique, l’étude récente de l’OCCQ nous apprend qu’il s’en est vendu près de 506 600 exemplaires au Québec en 2014. Encore modeste ( à peine plus de 1% des ventes totales de livres), le phénomène a tendance à suivre celui des Européens (entre 1 et 5%) plutôt que le modèle anglo-saxon qui réalise entre 11 et 13% des ventes en Grande Bretagne et aux États-Unis.

La mise en valeur de la littérature québécoise reste timide. Pour favoriser l’essor du livre au Québec, de la littérature québécoise et de la lecture, le MCCQ annonçait, en avril dernier, qu’il mettait en œuvre 12 mesures structurantes dans son Plan d’action sur le livre, et prenait l’engagement d’injecter 12,7 M$ sur deux ans, auxquels s’ajoute une aide fiscale de plusieurs millions de dollars par année grâce au crédit d’impôt pour l’édition de livres.

Les deux axes d’intervention préconisées par le Ministère visent, d’une part, à promouvoir les librairies agréées du Québec et la littérature québécoise (Appui aux activités citoyennes de promotion sur le Web et les médias sociaux / Accroître la présence d’écrivains québécois dans les librairies agréées partout au Québec / Soutien à la promotion et à l’animation du livre/Soutien aux bibliothèques publiques pour l’achat de livres imprimés et numériques) et, d’autre part, à doter les librairies d’outils, de stratégies et de moyens afin qu’elles puissent se réinventer, unir leurs forces, aller au-devant des attentes nouvelles de leurs clients et améliorer leur santé commerciale.

De nature à aider les auteurs d’ici, voilà certes une intervention que l’on doit saluer, particulièrement en cette deuxième journée du livre québécois.

Notre choix pour un retour sur 50 ans d’histoire au Québec, dont la genèse  de la loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre : Claude Trudel «De la crise d’Octobre au printemps érable», Québec Amérique 2015, 304 pages.

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